Chronos

Nous avions su tout du long. Au fond, cela ne changerait pas grand-chose, ça ne changeait  pas tant que ça. Il fallait vivre. Vivre avec. Vivre avec ça, aussi vain et absurde que ce soit. C’était la grande marche, l’évolution. Le décompte des morts irréel depuis l’origine, depuis l’âge de la numération.

Tant qu’il restera des abris, ils s’y cacheront. Et le bombardement s’intensifie toujours. Ne reste qu’à crier, formuler des plaintes, des appels au secours. Mais tout le monde est  occupé. Tu n’imagines pas le prix d’une bombe à fragmentation : des dizaines de familles sont à l’abri du besoin pour des mois, peut-être des années.

Demain je me réveillerai un peu plus tôt pour aller récupérer ma nouvelle paire de souliers en cuir. On ne dirige rien en godillots. On ne fait rien en espadrilles, à part du vélo. Il faut bien payer tous ces missiles. Il faut bien se faire beau. Il faut bien payer.

 

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