Les diables

Les diables te font les poches et te laissent à sec. Plus aucun mot qui sort, aucun son dans le buffet. Je devrais sortir marcher, c’est bientôt l’été, et puis non bien sûr. Tout le jazz du monde n’alimente pas le vide. Ah je suis muet, en transition.

Si tous les muets pouvaient se taire. Le premier type à faire vœu de silence avait passé  quelques années dans des couloirs, sièges sociaux, salles de réunion, ou peut-être à l’église. Aucune différence : en système, en société, c’est toujours beaucoup de bruit pour rien.

C’est pour ça que j’aime les cuivres. Ils parlent bien mieux que nous, plus à propos. Vous n’entendrez jamais un cuivre aussi veule qu’un homme ou une femme. Le cuivre, lui,  n’existe que par le souffle, le souffle chaud, bien vivant. Quoiqu’il en soit ça vibre. Le cuivre est noble, nous ne sommes que des pieds de chaise.

Peut-être que l’orchestre m’ennuie, qu’un temps d’isolement est requis, puis descendre dans les caves avec Sergio traquer le Beat sous la surface, tard dans la nuit, même avec de brèves pertes de conscience–même avec ça.

Dix mille jours, j’ai compté, pour retrouver le souffle.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s