6-Tem

Pendant les vacances d’été, je conditionnais des barrettes de mémoire, obéissant aux bons de commande pour expédier les supports mnésiques miniaturisés dans tout le pays. Je détraquais mes circuits perceptifs et sensoriels dès le réveil puis roulais jusqu’au hangar, dans l’air chaud et la lumière encore douce du matin.

Des jours dans la poussière des allées de stockage, un travail de fourmi, comme une machine. Dans les bureaux dans les étages, les commerciaux fêtent les grosses commandes au whisky dès quinze heures. Plus tard, en soirée, la plupart ont de menus accidents de conduite, la tôle froissée des BMW de fonction. Sacrifice validé par la boite, qui couvre les frais d’assurance.

C’était le vingtième siècle : j’étais bien plus ignorant, beaucoup moins altéré, nous étions probablement plus libres. Je n’avais jamais pris l’avion, jamais vu la courbure de là-haut. Je filais sans le savoir vers Bombay, premier trou d’espace-temps, très pure et très sainte rupture.

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s